Laure Malaprade, oser sauter le pas

Laure Malaprade, oser sauter le pas

Laure Malaprade a publié trois livres avec BoD. Dans cet entretien, elle témoigne de l’élément déclencheur qui lui a permis d’oser mettre sur papier ses idées, mais aussi de son organisation et de la commercialisation de ses ouvrages.

Portraits | Elodie Wissel

Pourriez-vous vous présenter en tant qu’auteure ?

Depuis mon enfance j’ai toujours aimé écrire, mais je n’avais pas de projet cohérent avant récemment. Adolescente j’écrivais des poèmes : j’ai toujours aimé jouer avec les mots. J’ai travaillé longtemps dans l’administratif et j’étais celle qu’on sollicitait en premier pour rédiger ou relire et remanier un texte ou une lettre…

En 2013, j’ai été sélectionnée comme jurée du Prix du Livre Inter et cela a pour moi été un déclic. Pour faire partie du jury, il faut écrire une lettre dans laquelle on dit son amour des livres, sa relation avec la lecture. J’ai été retenue, avec vingt-trois autres, sur plus de quatre mille candidatures. C’était déjà une petite victoire en soi, moi qui n’osais pas, d’habitude, montrer ce que j’écrivais… Je me suis dit que si ma lettre avait retenu l’attention des organisateurs du prix, c’est que finalement je ne devais pas écrire si mal que ça ! Les dix livres de la sélection étaient assez éloignés de mes lectures habituelles et ils ont été décisifs pour mon écriture. Autant atteindre le niveau de Lieberman, Mankell, King, Zola ou Flaubert me semblait inaccessible, autant ces livres au style plus moderne m’ont confortée dans le sentiment que, moi aussi, j’étais capable d’écrire un livre.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé l’écriture de mon premier roman : Saga, l’ours de Dalécarlie.

Vous avez publié 3 livres avec BoD. Comment se déroule le processus d’écriture pour vous ?

J’ai très peu de temps pour écrire car j’ai un métier chronophage. J’écris donc par crises, pendant mes vacances. Je peux écrire cent pages en trois semaines, puis plus rien pendant six mois. Pourtant, lorsque je n’écris pas, je travaille tout de même à mon texte puisque je suis dans une réflexion permanente.

 

Laure Malaprade

Arrivée tardivement à l’écriture, elle s’est d’abord exprimée à travers le dessin, la sculpture et la musique qu’elle n’a pour autant pas abandonné. Après avoir exercé divers métiers (rédactrice, traductrice…), elle est aujourd’hui professeur des écoles.

Ses livres :
Métro Place Monge, 192 pages, 9,99 €
Tête d’ampoule !, 92 pages, 6,99 €
Saga, 164 pages, 7,99 €

Ne pouvant pas écrire quotidiennement, je ne connais pas l’angoisse de la page blanche, puisque lorsqu’enfin j’ai la possibilité d’écrire tout est déjà quasiment prêt dans ma tête… Je ne fais que transcrire un travail en grande partie déjà fait. Mon métier m’oblige à faire chaque jour de longs trajets solitaires en voiture, et c’est pour moi un moment privilégié : sans radio ni musique je peux laisser mon esprit se plonger dans mon intrigue, je parle tout haut, je joue les dialogues… et j’avance ainsi dans mon écriture !

Comment ont réagi vos proches lors de la publication ?

Mes proches étaient tous très enthousiastes, et particulièrement mon mari qui m’a soutenue, je dirais même poussée à écrire. Sans son insistance et la certitude qu’il avait de mes capacités, dont j’ai moi-même souvent douté, je n’aurais jamais écrit mes trois romans.

Mais l’avis des proches a un défaut : trop bienveillant parfois, il peut manquer d’objectivité ! C’est pourquoi j’ai eu besoin de confronter mon texte à un lectorat plus éloigné de mon cercle intime, avant même sa publication. Je me suis adressée à mes co-jurés du Livre Inter que je savais être très exigeants et impartiaux. J’ai aussi pris l’avis d’une amie de la famille qui a été lectrice pour de très grandes maisons d’édition, d’un journaliste animant une émission culturelle sur Radio France et – last but not least – d’Alice Zeniter, notre lauréate du Livre Inter en 2013, qui a récemment reçu le prestigieux Goncourt des Lycéens et m’a fait une lecture commentée très constructive de mon manuscrit.

Rassurée, j’ai enfin osé livrer au monde Saga, l’ours de Dalécarlie.

La mise en page et la couverture de votre livre Métro Place Monge sont très professionnelles, comment procédez-vous ?

La couverture initiale de Métro Place Monge était très différente de celle d’aujourd’hui. Il y a eu seulement six ou sept exemplaires imprimés de cette version. Mon frère est graphiste et lorsqu’il l’a vue il m’a proposé spontanément une nouvelle couverture… Selon lui, celle que j’avais réalisée était jolie, mais peu vendeuse. J’ai été séduite par sa proposition et j’ai immédiatement adopté la nouvelle couverture. Je ne le regrette pas ! La communication visuelle est un métier, et j’avoue que je n’en ai pas les compétences. Évidemment, à l’avenir, je me tournerai vers lui : je lui fais totalement confiance sur ce point.

Pour ce qui est de la mise en page – intérieure – du livre, j’ai tout fait seule, comme pour les deux romans précédents. J’ai travaillé pendant de nombreuses années dans l’administratif et les traitements de texte, les conventions typologiques et autres n’ont plus de secret pour moi ! D’ailleurs j’écris directement dans la mise en page finale. Pour moi, c’est plus clair, plus lisible. Lorsque j’ai terminé d’écrire, il ne me reste plus que des petits ajustements, le gros du travail est déjà fait.

Je délègue une première relecture et la chasse aux coquilles à quelques bêta-lecteurs triés sur le volet, pour terminer moi-même par relire mon texte de nombreuses fois (peut-être dix ou quinze). Je lis à haute voix, en commençant par la fin du livre pour rester concentrée sur l’orthographe et ne pas me laisser distraire par le sens. J’ai la chance d’avoir une orthographe très sûre mais je ne suis pas à l’abri d’une erreur… D’ailleurs il reste dans chacun de mes livres une ou deux coquilles qui m’ont échappé.

Comment est-ce que vous vous organisez pour la commercialisation ? Avez-vous une stratégie précise ?

Je n’ai pas de stratégie particulière… Et j’ai évolué, appris à chaque nouveau livre publié. J’essaie d’être très présente sur les réseaux sociaux : j’ai une page auteur sur Facebook et surtout un site Internet (www.lauremalaprade.fr) sur lequel je publie quelques nouvelles, des interviews, des photos, mes dates et lieux de dédicaces…

À la sortie de chaque nouveau livre, je contacte les médias locaux (j’habite en Champagne). J’ai pu présenter mes livres en radio locale mais aussi régionale (France Bleu). J’ai eu plusieurs articles dans le quotidien le plus lu de notre région. Je participe aux salons littéraires de ma région et fais des séances de dédicace dans quelques librairies. J’ai été deux fois au salon Livre Paris.

Cette communication est un travail au long cours : je pense qu’il ne faut pas vouloir faire le plus de ventes possible à tout prix. L’important est d’être présent, de nouer des contacts et surtout de les entretenir. Les ventes de livre suivent naturellement. Mon premier roman, paru il y a trois ans, continue de se vendre assez régulièrement.

J’organise de temps en temps un concours pour faire gagner un exemplaire dédicacé… Et j’ai maintenant un noyau dur de lecteurs convaincus par mes premiers livres, qui me suivent et achèteront les suivants dès leur parution. Ceux-là sont précieux car ils sont mes meilleurs ambassadeurs !

Tête d’ampoule !, paru il y a deux ans, a connu un démarrage au-delà de mes espérances et continue sa petite vie très honorablement. Destiné initialement aux ados, il a été très bien accueilli par les adultes et particulièrement par le corps enseignant, puisqu’il aborde deux sujets d’actualité : les enfants précoces et le harcèlement scolaire. Tête d’ampoule ! a été étudié en classe de troisième deux années de suite et j’ai eu le bonheur d’être sollicitée pour rencontrer les élèves et échanger avec eux autour du livre. Un médecin scolaire m’a même dit récemment que mon livre était connu et considéré comme une référence sur le sujet… Quelle fierté !

Quels sont vos projets ? Préparez-vous un quatrième livre ?

Je travaille actuellement sur un quatrième roman. Je me suis aussi essayé à la nouvelle et c’est un mode d’écriture très différent qui me plaît. J’aimerais en publier un recueil mais ce sera pour plus tard. En attendant, j’attends les prochaines vacances avec impatience pour pouvoir enfin mettre en mots l’histoire que j’ai en tête !

De l’importance de la couverture

La couverture du titre Métro Place Monge est un très bon exemple de couverture professionnelle. Pour créer cette couverture, Laure Malaprade a fait appel à un graphiste et le résultat est probant.

L’univers graphique de la couverture est essentielle. Une couverture réussie est une bonne carte de visite pour votre livre et peut vous permettre de mettre en avant votre titre pour sa promotion et sa commercialisation.

Avec BoD, vous pouvez choisir de créer votre couverture vous-même ou de faire appel à notre équipe de graphistes qui répondra à votre demande tout en respectant votre univers graphique. Découvrez les différentes façons de créer votre fichier de couverture sur notre blog.

Si vous avez besoin d’un soutien pour la préparation de votre livre, n’hésitez pas à faire appel à nos services aux auteurs.

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