Rencontre avec Isabelle Desbenoit

Rencontre avec Isabelle Desbenoit

Isabelle Desbenoit, auteur très active et publiée chez BoD depuis plusieurs années nous raconte son expérience dans le monde de l’édition et nous livre ses conseils pour une promotion réussie. Bonne lecture !

Portraits | Noémie Machner

Isabelle, expliquez-nous comment vous est venue l’idée d’écrire « La villa aux oiseaux » ? En quoi se différencie-t-il de vos œuvres précédentes ?

J’ai publié en février 2014, « Un Recueil de (Bonnes) Nouvelles » constitué de huit récits mêlant suspense et romance. Il a reçu et continue de recevoir un bon accueil de la part de mes lecteurs. Ce livre met en scène des personnages variés : une célibataire chef d’entreprise surbookée qui finira par rencontrer l’amour, un « décrocheur » de 20 ans qui trouvera sa voie d’une manière originale, un couple ouvrant une maison d’hôtes à qui il arrive une incroyable histoire etc. Tous ces récits ont en commun qu’ils se terminent bien : D’où les « Bonnes » Nouvelles !

« La Villa aux Oiseaux » était la neuvième nouvelle… Mais j’étais tellement attachée à mes personnages que j’ai décidé d’en faire un livre entier ! Le processus de création est ainsi fait que lorsque l’on écrit, on « vit » avec ses personnages, ils remplissent notre imaginaire. Il est parfois difficile de les lâcher mais cela fait sans doute le bonheur de nos lecteurs ! Celles et ceux qui ont aimé « Le Recueil de (Bonnes) Nouvelles » apprécieront sûrement « La Villa aux Oiseaux » et réciproquement, c’est le même genre.

Mes autres ouvrages offrent une large part au suspense : « Farid, la Trilogie », permet aux enfants de 9 à 14 ans de vibrer avec des ados d’aujourd’hui dans leurs aventures tandis que « In manus tuas Domine…» est un thriller religieux.

Pourquoi avez-vous choisi l’auto-édition ? Quels sont, selon vous, les avantages par rapport à une maison d’édition « traditionnelle » ?

J’ai d’abord été publiée à compte d’éditeur pour mon premier ouvrage en 2005, le premier tome des « Farid » : « Farid et le secret des Falaises de Cassis ». Je n’ai pas été satisfaite par ce contrat notamment par le manque de distribution du livre, c’était une petite maison d’édition. De plus, les contraintes étaient grandes : ne pas choisir sa couverture, par exemple. C’est pourtant si important, car l’acte d’achat est souvent déterminé en grande partie par le titre et la couverture… De plus, dépendre d’un contrat contraignant, recevoir des droits d’auteurs très modestes par rapport au travail fourni, ne pas pouvoir rompre son engagement avant une longue période, devoir céder ses droits, tout cela ne me convenait pas vraiment.

Pour mon deuxième livre, « Farid au Canada », je me suis alors orientée alors vers l’auto-édition « pure », si je puis dire : j’ai fait fabriquer les livres chez un imprimeur, j’ai demandé moi-même mes numéros ISBN, effectué le dépôt à la BNF et assuré la distribution par des dépôts en librairie. Cela ne m’a pas satisfaite non plus. Je trouvais les démarches pesantes, en tant qu’auteure, je préfère passer mon temps à écrire ou à rencontrer mes lecteurs que de m’occuper d’administratif.

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L'auteur

Isabelle Desbenoit écrit et publie des livres depuis une dizaine d'années. "La Villa aux Oiseaux" est son septième ouvrage.

Retrouvez l'auteur sur son blog et découvrez ses articles dans lesquels elle partage son expérience et livre quelques conseils. .

J’ai alors trouvé Books on Demand sur internet, c’était en 2009… Et depuis j’y suis toujours ! À mon sens, c’est une formule « hybride » qui me satisfait pleinement. Ce qui m’a surtout intéressée, c’est la distribution des ouvrages faite de manière professionnelle pour les librairies physiques. La distribution d’un livre, c’est le point clé. De surcroît, c’est tellement appréciable d’être bien référencée sur les sites de vente de livres en ligne et de ne pas avoir à faire soi-même les démarches comme demander les ISBN ou le dépôt à la BNF. On n’a alors plus qu’à se concentrer sur son écriture et sur les démarches commerciales pour faire connaître son livre : vous me direz, ce n’est déjà pas mal !

Ce qui me fait apprécier l’impression à la demande, c’est également la pérennité de mes ouvrages et le côté écologique du concept. Avec un éditeur traditionnel, il y a un certain nombre de livres qui sont imprimés, un lancement en librairie et puis quelques mois ou années après… C’est fini. Pire, si le stock n’est pas écoulé, on envoie le reste au pilon. C’est important à mes yeux que mon thriller religieux qui est paru en 2009 « In manus tuas Domine… » soit toujours référencé et disponible pour les lecteurs. Un auteur travaille beaucoup pour mener à bien un projet de livre, il n’a pas envie que son « bébé » ait une durée de vie limitée !

La Villa aux Oiseaux

Vous avez publié de nombreux livres auparavant, comment assurez-vous la promotion de vos livres ?

Bien que l’impression et la distribution soit assurés,  il nous appartient à nous, les auteur(e)s, de faire connaître nos ouvrages afin que les libraires les installent en rayon ou que les lecteurs les commandent eux-mêmes en magasin ou sur internet. J’ai appris au fil du temps à améliorer mes démarches et techniques pour cela. Je crois pouvoir dire que je suis maintenant assez « rodée » pour parler familièrement. Il n’y a pas une seule démarche à faire. C’est, au contraire, leur multiplicité qui fait qu’un livre se vend : ventes en librairies, présence sur le web, salons, médiathèques, presse etc.

Quelles sont les réactions des librairies lorsque vous les démarchez ?

Autant de libraires, autant de réactions différentes ! Ce qu’il faut avoir en tête, c’est que les libraires sont noyés sous un flot de « nouveautés » et que l’auto-édition n’est pas leur priorité. Les libraires ne gèrent pas la pénurie de livres mais le « trop », l’offre est pléthorique ! Il faut donc trouver « la clé » d’entrée pour les intéresser. Les libraires sont toujours soulagés et agréablement surpris quand je leur explique que mes livres sont distribués de manière professionnelle, c’est un point important. Il y a différents types de librairies : les grandes librairies qui ont pignon sur rue, les petites qui bataillent quelquefois pour s’en sortir, les espaces culturels, les points presse etc. Évidemment chacun de ces points de vente est à aborder en fonction de ses spécificités. Sur mon blog, j’ai créé une rubrique « Mon top 100 des libraires » que je vais enrichir au fil du temps, il faut rendre hommage à cette profession qui est souvent choisie par passion et non pour sa rentabilité, malheureusement.

Comment vivez-vous les critiques concernant vos livres ?

Les critiques sont souvent agréables car les personnes qui éprouvent le besoin de vous parler de vos livres les ont souvent beaucoup aimés ! Les autres, car il doit bien y en avoir… ont la délicatesse de ne pas vous le dire ! Ma plus grande récompense, c’est d’entendre ou de lire « je n’ai pas pu dormir avant d’avoir terminé « In manus tuas Domine… Le suspense était trop grand… » Ou bien « Mon fils, qui ne lit pas habituellement ou très peu, quelques BD, a lu « Farid, La Trilogie » entièrement et a voulu le présenter dans sa classe », ou encore « La Villa aux Oiseaux  est un roman vraiment original, il m’a tenu en haleine et je vais le faire lire autour de moi » …

Autant de lecteurs et souvent de lectrices, autant de ressentis et d’avis différents. C’est d’ailleurs très libérant pour un ou une auteur(e), de savoir que plaire à tout le monde, c’est impossible ! Pour ma part, je n’écris pas du tout pour « être dans ce qui se fait » mais vraiment pour transmettre ce que j’ai envie d’écrire. Dans le même mouvement, j’ai toujours en tête le lecteur quand je rédige, car j’écris pour lui avant tout !

Mon but est atteint quand j’ai réussi à faire passer un très bon moment à mes lectrices ou lecteurs. J’aime aussi transmettre des choses que ce soit à travers la psychologie de mes personnages ou par le biais des péripéties du récit. Chacun de mes ouvrages correspond à un lectorat particulier et c’est mon travail de le faire connaître à des personnes qui aiment ce type de livre.

Quels conseils donneriez-vous à un auteur novice pour une promotion réussie ?

Il faudrait écrire un livre sur le sujet ! Ce que je peux dire c’est qu’un ou une auteur(e) timide ou n’aimant pas faire de démarches pour faire connaître son livre aura beaucoup de mal. Être auteur(e) « auto-édité(e) », c’est avoir plusieurs casquettes très différentes, c’est ce qui fait la richesse de l’exercice et sa difficulté aussi. Mais cela vaut le coup!

Si je devais donner cinq conseils dans le désordre ?

1. Vous êtes auteur(e), vous avez donc de l’imagination : mettez-la au service de votre promotion !

2. Comprendre que c’est vous, l’auteur(e) qui serez le meilleur ambassadeur ou la meilleure ambassadrice pour faire connaître votre livre. Et que vous passerez sans doute plus de temps pour le faire connaître que pour l’écrire…

3. Ciblez pour commencer ses premiers lecteurs « naturels » avant d’élargir  : Par exemple, mon livre « La Villa aux oiseaux » se passe à Roanne. C’est donc dans cette ville que je l’ai fait connaître en premier même si ce roman peut être lu avec plaisir par d’autres personnes dans toute la France ou par quelqu’un qui lit le français ailleurs dans le monde. Prenons un ou une auteur(e) qui a écrit un récit de voyage à vélo dans un pays donné. Cette personne va pouvoir démarcher les associations de jumelage avec ce pays et les personnes qui font du cyclotourisme ou aiment les voyages…

4. On ne vend pas si l’on n’établit pas une relation de confiance, surtout en tant qu’auteur(e) auto-édité(e) : prendre le temps d’écouter, (que ce soit un libraire ou un futur lecteur) avant d’essayer de lui vendre son ou ses livres, c’est essentiel. La vente est une relation avant d’être un résultat.

5. Vive l’auto-formation ! On peut apprendre des quantités de choses en fouillant sur le net ou en lisant des ouvrages spécialisés à emprunter dans une médiathèque, par exemple. Inutile de se ruiner ou de tout déléguer pour des coûts importants. Notamment, rédiger un communiqué de presse s’apprend, créer une page Facebook pour son livre aussi !

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