Gally Lauteur, auteure hybride

Gally Lauteur, auteure hybride

Savez-vous ce qu’est un auteur hybride ? Nous avons rencontré l’auteure Gally Lauteur pour parler des avantages et particularités de la publication en auto-édition ou via l’édition traditionnelle.

Auto-édition, Portraits | Julie Drouet

Les modes de publication changent à toute vitesse et le profil des auteurs aussi. Depuis quelques années naît un nouveau type d’auteurs publiant à la fois en édition traditionnelle et en auto-édition. Des auteurs indépendants, hybrides, qui naviguent entre les deux modes de publication et savent choisir l’un ou l’autre en fonction de leurs projets, de leurs envies et de leurs contraintes.

Nous vous présentons dans cette petite série de deux articles des auteurs hybrides à succès publiant en France et dans d’autres pays d’Europe où BoD est présent.

Pour cette première partie, nous avons rencontré Gally Lauteur, excellent exemple de cette génération d’auteurs connectés, utilisant les meilleures possibilités qu’offre Internet pour toucher ses lecteurs et publier ses écrits. Repérée sur Internet pour ses fictions jeunesse, elle a publié un premier roman, Ne m’appelez pas Blanche-Neige, chez Hachette Romans en 2017.

Son roman Les démons de Cendrillon a remporté le premier prix sur le site d’écriture Fyctia et une grande popularité chez les lectrices et lecteurs pour son humour et sa vision décalée du conte – la longue file d’attente des lectrices lors du salon du Livre en mars 2018 en témoigne !

Pourquoi avez-vous choisi l’auto-édition ?

Mon roman Les démons de Cendrillon existait déjà en livre numérique chez un éditeur classique. Mes lectrices m’écrivaient pour réclamer la version brochée, c’est donc essentiellement pour elles que j’ai fait ce choix, mon éditeur préférant rester sur une version ebook.

Quelles différences avez-vous remarquées lors de la publication en auto-édition ou en édition traditionnelle ? Quels en sont les avantages ?

Lorsqu’on publie en édition traditionnelle, il y a toute une équipe autour de vous : correcteurs, éditeurs, graphistes, commerciaux, attachés de presse, qui vous permettent de vous concentrer uniquement sur l’écriture.

En auto-édition, vous devez porter toutes ces casquettes ou vous entourer de professionnels du secteur, ce qui engendre un coût bien sûr. Les retombées sont d’autant moins importantes que vous devez vous faire connaître seul. Personnellement, j’aime les deux options. Pour la sortie en auto-édition des Démons de Cendrillon, je me suis entourée de deux graphistes (une pour la mise en page et une autre pour la couverture) pour réaliser l’objet livre de A à Z. C’était un travail long mais instructif et le rendu est très professionnel.

En édition classique, vos livres doivent en outre intégrer la ligne éditoriale de la maison d’édition afin de correspondre à leurs collections et leur public. Ce n’est pas le cas en auto-édition où vous ne devez suivre que vos propres envies, la marge de créativité est parfois plus grande. En outre, les délais de parution en auto-édition sont plus courts, ce qui est aussi très appréciable.

Les Démons de Cendrillon, 380 pages, 17,90 €

Pourquoi avez-vous publié votre second titre en auto-édition et votre premier en maison d’édition traditionnelle ?

Mon roman Ne m’appelez pas Blanche-Neige (Hachette Romans) est paru en broché et numérique, ce qui n’était pas le cas des Démons de Cendrillon, paru uniquement en numérique chez la Condamine. Je recevais beaucoup de demandes pour savoir si le broché allait paraître. J’avais envie que mes lectrices puissent se procurer le livre sous le format qu’elles souhaitaient et leur faire plaisir.

Par rapport à la version numérique des Démons de Cendrillon, j’ai pu ajouter dans la version auto-éditée des bonus, comme une histoire inédite, une interview, reprendre des passages pour les améliorer et créer un livre qui me ressemble plus en termes de contenu et de couverture.

Pensez-vous que la réputation des auteurs auto-édités et édités est différente ? L’avez-vous ressenti, par exemple lors de rencontres avec vos lecteurs ou des journalistes ?

Mes lectrices n’ont pas fait de différence car le soin apporté à la qualité de la rédaction, la couverture et le rendu final était identique à celui d’un éditeur classique. Néanmoins, c’est l’impact de la communication et de la distribution dans les librairies physiques qui fait la différence. La production littéraire est énorme et se démarquer est compliqué si personne ne vous connaît. Les journalistes reçoivent vos livres souvent via des services presse et chroniquent selon leurs envies et la popularité de votre livre ; en tant qu’auto-édité-e c’est à vous de faire ces démarches et votre visibilité est moindre face à celui d’une grande maison d’édition. Personnellement, je fais ma communication via les bloggeurs et les chroniqueurs des réseaux sociaux car j’ai un public jeune plus enclin à suivre l’actualité littéraire par Internet que par la presse écrite, mais l’impact est moins important que de passer une fois au 20H ou dans un journal à portée nationale, c’est évident.

Souhaitez-vous éventuellement publier de nouveaux livres en auto-édition ?

Oui, j’adore l’idée de pouvoir écrire des livres originaux, qui ne pourraient pas entrer dans les collections classiques des éditeurs, ou sans viser de public précis. J’imagine publier en auto-édition surtout des nouvelles car c’est un format plus atypique et qui me laisse une très grande marge de création. Je pense que les deux modes d’édition se complètent et que l’auto-édition a de beaux jours devant elle.

  1. Louisa Treyborac le 17.01.2019, 20:42 :

    Merci de ce témoignage Gally.
    Amitiés de plume

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