Comment développer son style ?

Comment développer son style ?

Le style de chaque auteur est unique, et se construit au fur et à mesure que vous pratiquez l’écriture. BoD prend le temps de cet article pour vous livrer dix conseils afin de faire progresser votre style.

Écrire | Caroline Ricciardi

Le style : un moyen de se démarquer

 

Un photographe évolue dans son métier en améliorant progressivement son style. Il travaille sur les angles de prise de vue. Il affine son observation de la lumière ambiante. Il retouche ses photos en suivant son intuition et son message artistique.

Petit à petit, des choix s’opèrent dans l’objectif d’affirmer son style. On distingue assez facilement un photographe qui préfère réaliser des clichés vintage d’un autre qui choisit de se spécialiser dans la photographie bohème.

Pour l’écrivain, c’est pareil. De la même manière que le photographe, c’est en pratiquant que son style progressera. Ainsi, vous aurez plus de chances de percer sur le marché du livre en vous démarquant de vos concurrents.

Nous allons donc prendre le temps de cet article pour réfléchir à votre style et comment le développer.

Photo de style avec une femme et des fleurs
Livre et fleurs

Qu’est-ce qu’un style ?

Le Larousse définit le terme style comme une « façon particulière dont chacun exprime sa pensée, ses émotions, ses sentiments ».

En écriture, le style c’est ce qui vous rend original, unique. Grâce à lui, vous allez vous démarquer du reste de vos pairs.

Par conséquent, il est essentiel de vous poser la question : « Quel est mon style ? ». Vous l’avez probablement déjà développé au fur et à mesure de votre pratique, sans même vous en rendre compte.

D’ailleurs, vous opérez déjà un choix de style lorsque vous vous demandez : « Dois-je transmettre cette idée de cette manière-ci ou de cette manière-là ? », jusqu’à trouver la formulation qui fait mouche. Celle qu’un autre n’aurait peut être pas choisie !

Toutefois, le style ne doit pas devenir un prétexte pour réinventer la langue. Par conséquent, ayez en tête les règles de français et les codes qui régissent votre genre littéraire.

D’autre part, questionnez-vous sur comment votre style s’est développé : avez-vous fait des choix conscients ou inconscients au fil du temps sur vos préférences d’écriture ? Ces choix sont-ils légitimes et adaptés ? Ou vous desservent-ils ?

Car en effet, votre style peut devenir un véritable frein à votre carrière, s’il n’est pas reçu avec enthousiasme par le plus grand nombre des lecteurs.

Heureusement pour vous, BoD vous a préparé 10 conseils pour vous aider à (re)travailler votre style et à le développer.

Les 10 conseils pour développer son style

S’entraîner pour se découvrir

Pour améliorer son style, il n’y a pas de secret. Il faut s’entraîner. En effet, il est important de persévérer et continuer à écrire.

En tant qu’artiste, il peut arriver d’être dépassé, sous pression. Ce stress constant de savoir si vous allez réussir à dégager des revenus de vos écrits et vivre de notre passion peut vous écarter de nos objectifs profonds. Vous préférez alors peut-être investir votre temps et votre énergie dans le marketing, les réseaux sociaux, les rencontres en librairie, en oubliant le principal. À savoir l’écriture et aimer écrire, évoluer dans son métier.

Or, si vous suivez certains écrivains renommés, vous verrez que leur façon d’écrire a changé avec le temps. Alors c’est tout à fait normal pour le moment si votre style n’est pas parfait, peu importe votre âge.

Entraînez-vous pour affiner votre style, et surtout n’ayez pas peur de vous lancer parce que votre style ne s’est pas encore affirmé. Il faut bien débuter quelque part !

 

Prendre conscience de ses conditionnements en écriture

Si vous aimez votre style, ce n’est pas pour autant qu’il n’a pas été conditionné à un moment. Cela signifie que dans votre vie, vous avez fait des choix conscients ou inconscients quant à la manière dont vous préférez écrire.

Par exemple, dans l’enfance, le maître ou la maîtresse vous a appris à construire des phrases correctes. Puis, un peu plus tard, vous avez peut être été noté sur des rédactions ou argumentaires. Certains commentaires ont pu être marquants et désormais, vous corrigez automatiquement des « fautes » qui avaient été soulevées alors.

Ces remarques étaient probablement très pertinentes, mais vous desservent peut être aujourd’hui, car vous restez focalisé dessus.

Il peut aussi arriver que vous adoptiez des tics de langage à l’écrit, comme on le fait généralement à l’oral. Ceux-ci peuvent alors alourdir votre récit et rendre la lecture moins agréable, voire moins professionnelle.

Pour cela, identifiez vos mauvaises habitudes en écriture et apprenez à vous en libérer.

 

Alléger son texte

Il peut arriver qu’une information qui vous semble essentielle ne le soit pas forcément pour le lecteur.

Si par exemple, vous décrivez une scène qui se passe dans un magasin et que vous écrivez :

« Lorsque Loïc s’engouffra dans le rayon suivant, il aperçu les pains au chocolat au chaud dans leur barquette. Le prix indiqué était de 2,50 €. Il les saisit, et se dirigea aussitôt vers la caisse pour être à l’heure à son rendez-vous. »

Dans cette histoire, le prix des pains au chocolat n’est pas important. Même si au moment d’écrire ces lignes, ça nous a semblé une évidence, il est possible de revenir sur ce choix pour alléger notre texte. En effet, ces informations ne feraient que distraire le lecteur du véritable but.

 

Se perfectionner dans son domaine

Vous souhaitez être écrivain, mais vous détestiez le français à l’école. Ce n’est pas forcément un frein à votre carrière.

Toutefois, il peut être intéressant de se replonger dans les manuels scolaires afin de voir ou revoir différents enseignements.

Par exemple, apprendre plusieurs figures de style peut vraiment faire la différence. Pour commencer, vous pouvez vous amuser à transformer des comparaisons en métaphores. À vous de voir ce qui convient le mieux à votre lectorat !

« Son chat se tenait immobile dans la nuit, telle une statue » est une comparaison qui, convertie en métaphore, peut devenir : « Son chat changé en statue se tenait dans la nuit ».

À vous de jouer ! Prêtez-vous à l’exercice et postez les métaphores obtenues en commentaire 😉

 

Enrichir son vocabulaire

Le choix du vocabulaire est également primordial.

En effet, il est important de nourrir son récit et d’éviter un excès de répétitions. Toujours utiliser les mêmes mots de liaison ou encore les verbes être et avoir peuvent rendre votre histoire plus fade aux yeux d’un lecteur.

Si en revanche vous prenez le temps de rechercher des synonymes, vous pourrez améliorer votre style.

Et si vous instauriez une routine quotidienne ? Créez une jolie liste de mots que vous n’employez jamais. Vous pourrez la ressortir lors de vos sessions d’écriture.

Il arrive aussi parfois que ce soient des termes, un langage soutenu ou l’usage des expressions qui définissent le style d’un auteur. Et vous, qu’est-ce qui définit votre style ?

 

Maîtriser l’art du dialogue

L’art du dialogue, ça s’apprend. Il ne doit pas contenir d’informations inutiles ou de trop longues phrases. Et surtout, il doit être alterné avec quelques phrases de narration pour éviter qu’il ne soit trop long.

Par exemple :

« Sophie entra dans la pièce et salua ses hôtes d’un large sourire. Martha s’avança vers elle.

— Avez-vous bien dormi hier soir ?

— Comme un loir, merci. J’ai toutefois été intriguée par votre chat en me levant pendant la nuit. Il semblait attendre quelque chose.

Martha gloussa et répondit :

— Vous voulez dire Réglisse ? Ça fait bien longtemps qu’elle ne bouge plus.

Martha indiqua à Sophie de la suivre dans la pièce qu’elle avait traversée pendant la nuit en se rendant au petit coin.

— Voici Réglisse.

Sophie sentit un frisson lui parcourir le dos. Réglisse était en effet un chat empaillé. »

Ne ratez pas à ce sujet notre article sur les 5 conseils pour réussir les dialogues.

Rester simple et authentique

Chaque style est unique, et pourtant plusieurs styles se sont inspirés d’autres. C’est pourquoi il est primordial de rester authentique au vôtre.

Il est bien sûr largement conseillé de lire, d’observer des styles différents et même de s’en inspirer. Toutefois, il ne faut pas placer la barre trop haut ou vouloir être aussi bon qu’un autre en copiant son style.

Il s’agit davantage de repérer pourquoi ce style résonne en vous. Pourquoi, c’est celui-ci et pas un autre qui vous attire. De cette manière, votre style sera cohérent avec votre personnalité d’écrivain. Et surtout, plaira à votre public.

Intégrer les conseils de ses bêta-lecteurs

Si vous ne savez pas encore ce qu’est un bêta-lecteur, filez lire notre article sur le sujet : bêta-lecteur : mode d’emploi.

De bon conseil, les bêta-lecteurs savent repérer les points forts de votre livre. Mais ils peuvent également vous aider à déceler ce qui mériterait d’être amélioré.

Un tic de langage bien trop répétitif ? Des phrases trop longues et un vocabulaire pauvre ? Restez à leur écoute, car ils vous indiqueront quels aspects de votre style sont à développer ou à améliorer.

Oublier les négations et la voix passive

D’une part, il est recommandé d’éviter les négations qui alourdissent les phrases. Dans ce cas, c’est assez simple. Plutôt que d’écrire « Jean n’aime pas la couleur de ses cheveux », choisissez « Jean déteste la couleur de ses cheveux ».

De cette manière, le récit s’inscrit dans le positif et moins dans le négatif. Sauf si bien sûr, vous souhaitez jouer sur cette négativité pour l’accentuer dans votre histoire.

D’autre part, préférez la voix active, qui donne davantage de dynamisme à votre texte que la voix passive.

Par exemple, il vaut mieux écrire « nos voisins ont décidé de lancer leur propre marque », plutôt que « une marque a été lancée par nos voisins ».

De plus, préférer la voix active évite une répétition trop importante du verbe « être », nécessaire pour la construction de la voix passive.

Éviter les adverbes et les participes présents

Enfin, il est préférable de ne pas alourdir ses phrases par des adverbes ou des participes présents.

Écrire « anticonstitutionnellement » risque de remplir toute la ligne d’une page. Ce n’est ni très esthétique, ni agréable de lire des mots trop longs.

De plus, trop de sons « an » pourrait alourdir vos phrases et rendre le récit moins lisible ou moins agréable à lire. C’est pour cela que les participes doivent être utilisés avec modération.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez en savoir davantage sur le style d’écriture, vous pouvez vous référez à des livres spécialisés sur le sujet. Ou encore, vous rendre sur les moteurs de recherche et lire d’autres articles sur le sujet qui pourraient vous apporter des informations complémentaires.

Nous vous conseillons par exemple la lecture du Jourde & Naulleau, Précis de littérature du XXI e siècle ou encore de l’article « Comment trouver son style littéraire ? » sur le blog Mécanismes d’histoires. Ce livre décrypte et critique de manière désopilante le style de nombreux auteurs contemporains à succès et permet d’identifier grâce à des exemples concrets leurs défauts à ne pas reproduire ! L’article de Marièke Poulat, quant à lui, dispense de précieux conseils et un exercice pratique pour trouver son propre style.

  1. Micheline Cumant-Chaoul le 15.10.2020, 11:20 :

    A lire, bien sûr ! En plus je ne saurais trop recommander un logiciel de correction, tel Antidote, qui non seulement corrige les fautes « de frappe » ou d’orthographe, mais également de grammaire, mais aussi suggère (employez-vous ce mot comme participe passé ou comme nom, par exemple). Et il y a la rubrique « répétitions » qui souligne les emplois répétés du même mot, et surtout du même verbe.

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