Mille et une raisons de faire corriger son texte

Mille et une raisons de faire corriger son texte

La correctrice professionnelle Sandrine Marchand nous explique ici en détail son métier. Un témoignage passionnant qui met en avant l’étape essentielle de la correction avant la publication d’un livre.

Auto-édition, Conseils, Portraits | Elodie Wissel

Qui suis-je ?

Diplômée d’une école de commerce, j’ai été cadre durant vingt ans dans un grand groupe, en ayant beaucoup changé de fonction et de ville. Puis, cherchant un peu de stabilité, j’ai décidé d’entamer une reconversion professionnelle. J’aime la langue française et j’ai toujours été soucieuse du bon mot, bien écrit et au bon endroit ; aussi, ai-je entrepris des démarches pour devenir correctrice dans l’édition. J’ai suivi une double formation d’un an, en correction et réécriture, au CEC (Centre d’écriture et de correction). Puis, je suis devenue correctrice free-lance.

En quoi consiste mon travail ?

J’ai développé mon portefeuille de clients et travaille actuellement avec onze maisons d’édition, un magazine de presse écrite et un éditeur de presse quotidienne nationale.

Mon travail consiste à corriger les fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe et de typographie, sur différents supports : outil de traitement de texte, de PAO ou sur papier.

Au-delà de la correction des erreurs « de français », je fais des propositions d’amélioration, de réécriture, de manière à rendre plus fluide la lecture du texte. Cela consiste à revoir la ponctuation, à supprimer des répétitions, à remplacer les anglicismes, à redécouper des phrases trop longues, à lever des ambiguïtés…

Mais je dirais que, le plus important dans une correction, c’est la typographie : quand mettre des majuscules à « état », « empire » ou « français », quelle différence y a-t-il entre « tête-à-tête » et « tête à tête », de quelle manière présenter les dialogues, quand écrire les nombres en chiffres, etc. ?

Sadrine Marchand

 

Sandrine Marchand

est correctrice professionnelle indépendante depuis quatre ans. Elle met ses compétences techniques et relationnelles au service de différentes maisons d’édition et prestataires pour de la correction et de la réécriture de textes sur différents supports.

 

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Comment se déroule une relecture ?

  1. Je commence par relever le nombre de signes que comporte le document, car c’est souvent sur cette base que j’établis ma facture.
  2. Ensuite, je lis et je corrige en même temps, une première fois. C’est lors de ce premier passage que je relève toutes les particularités : le nom des personnages, leur âge, leur physionomie, la chronologie, les numéros de chapitre, etc. J’indique également les choix que je fais, pour harmoniser dans tout le document. Par exemple, le terme « après-midi » est masculin ou féminin, mais le genre doit être uniforme tout au long du texte.
    Ceci a pour but de pointer d’éventuelles incohérences dans le déroulement des faits, dans la description des personnages. Si je peux les traiter, je le fais directement dans le texte – souvent en mode « suivi des modifications » pour que les corrections soient validées par l’auteur – ; sinon, j’en informe celui-ci par un commentaire annexé.
    Je vérifie toutes les citations, les œuvres citées, les références historiques.
  3. Ensuite, je relis une deuxième fois, de manière plus fluide puisque les fautes ont été corrigées au premier passage, pour repérer les répétitions et les lourdeurs.
  4. Puis, je passe le texte dans mon logiciel de correction, au cas où j’aurais oublié une coquille.
  5. Enfin, j’adresse le fichier corrigé à l’éditeur. Je mets un point d’honneur à rendre ma commande en temps et en heure car, souvent, les délais avant remise à l’impression sont serrés.

Quelles sont mes sources ?

J’utilise le dictionnaire Robert pour les noms communs, le dictionnaire Larousse pour les noms propres, le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale (la bible des correcteurs) et le dictionnaire Thomas des difficultés de la langue française.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes, et comment ne plus les faire ?

  • Faire la différence entre le futur simple et le conditionnel présent : « S’il fait beau demain, j’irai (futur) pique-niquer » ou « S’il me rendait mon vélo, j’irais (conditionnel présent) à la plage ». La difficulté se rencontre souvent sur la première personne du singulier (« je »). Pour savoir quel temps employer, changez le « je » en « nous ». Cela donne « nous irons pique-niquer » et « nous irions à la plage ».
  • Savoir accorder le participe passé : « Elle a mangé une pomme » et « La pomme qu’elle a mangée ». Si, quand on écrit le verbe, on sait de quoi l’on parle, il faut accorder avec le complément. Dans la seconde phrase, quand on écrit « mangée », on sait qu’il s’agit d’une pomme puisqu’on l’a déjà écrit, donc on accorde « mangé » avec le complément « la pomme », qui est féminin.
  • Ne pas écrire comme l’on parle : on n’écrit pas « au final » mais « finalement », « surtout que » mais « d’autant que », « du coup » mais « de ce fait » ou « donc », ou « après » en début de phrase quand il n’y a pas de lien temporel (attention aux tics de langage).

Qu’apporte l’autoédition ?

Lorsque je me suis lancée dans cette activité, beaucoup me disaient que le secteur du livre se portait mal. J’ai l’impression, au contraire, que les entreprises d’autoédition ont permis au plus grand nombre de publier un livre. Je suis persuadée qu’en facilitant le processus, cela incite davantage d’auteurs à se lancer – parfois, à réitérer – et à trouver un lectorat au-delà de leur entourage et du cercle familial. Pour cela, de nombreux services sont mis à disposition des auteurs : mise en page, maquette de la couverture, correction, promotion…

Quelques conseils aux auteurs ?

Cet accès à l’édition étant rendu plus simple, il ne faut pas en négliger le fond. J’ai parfois réalisé des corrections d’ouvrages qui relevaient plus de la traduction, pour des auteurs dont la langue française n’était pas la langue maternelle. Dans ces cas, la correction était incontournable pour rendre le texte intelligible. Pour des auteurs qui maîtrisent la langue, il est également fondamental de faire corriger son ouvrage par un professionnel, car il y a des normes à respecter, qui feront que l’on aura entre les mains un texte clair, dont la lecture sera rendue fluide. Pour moi, les fautes d’orthographe sont presque anecdotiques au regard de la typographie : présentation des dialogues, emploi des majuscules, écriture des nombres, usage des caractères italiques, mise en forme des bibliographies.

Voici deux exemples de texte corrigé et remis en forme :

 Avant correction

– « Vous faites quoi là ? Vous écrivé ? »

– « Ouui Monsieur ! On écriit… » Répondit-ils en cœur.

– Tu es heureuse ma chérie. Demanda Paul ?

– Superbement heureuse, mon ange. Répondit Jessica.

Après correction

 Vous faites quoi, là ? Vous écrivez ?

— Oui, monsieur ! On écrit, répondirent-ils en chœur.

— Tu es heureuse, ma chérie ? demanda Paul.

— Superbement heureuse, mon ange, répondit Jessica.

Voici maintenant une phrase qui pourrait sembler correcte à première vue, mais qui ne l’est pas :

Avant correction Après correction
Après que nous nous soyons rendus compte de notre erreur, en l’occurence, initier ce projet sans les avoir prévenu, nous avons à nouveau repris contact avec eux, pour leur proposer une autre alternative. Après que nous nous soyons rendu compte de notre erreur, en l’occurrence, lancer ce projet sans les avoir prévenus, nous avons de nouveau repris contact avec eux pour leur proposer une autre solution.

 

Explication : « se rendre compte » est toujours invariable, « occurrence » s’écrit avec deux « c » et deux « r », « initier » est un anglicisme, « prévenus » s’accorde avec « les », placé avant, « à nouveau » signifie « de manière différente » alors que « de nouveau » signifie « pour la seconde fois », une « alternative » représente un choix entre deux propositions et non une proposition elle-même.

En conclusion, je dirais que le métier de correcteur est un métier à part entière. Les connaissances et les compétences sont indispensables dans ce métier très technique mais le doute et l’humilité prévalent. Ne nous substituant jamais aux auteurs, nous sommes toujours à leur service. Votre tata, professeur de français à la retraite, pourra relire votre ouvrage, dans un premier temps, mais seulement dans un premier temps. Dans un deuxième temps, vous pourriez investir dans un logiciel de correction. Mais si vous voulez être édité, lu, voire plébiscité, faites appel à un professionnel. Ce n’est pas un luxe, c’est un gage de crédibilité.

De nombreux auteurs ont commencé à publier en autoédition, puis ont été repérés par de grandes maisons et ont fait l’objet de contrat.

On n’a qu’une seule occasion de faire une première bonne impression. Saisissez-la !

Quelques perles

« Il n’est pas au milieu de sa forme » (pour « Il n’est pas au mieux de sa forme »).

Le verbe prôner et ses variantes : « Ils prônèrent possession » (pour « Ils prirent possession ») ou « Une immense table de ferme prônait au milieu de la pièce » (pour « Une immense table trônait au milieu de la pièce »).

Phonétiquement, ça se tient, mais pas grammaticalement : « Pouvez-vous me dire ce qui vous êtes arrivée ? » (pour « Pouvez-vous me dire ce qui vous est arrivé ? »)

« Il sentait qu’il perdait et commencer à être à boue de force » (pour « Il sentait qu’il perdait et commençait à être à bout de forces »).

« Après quelques minutes de vol, nous voilâmes à Montpellier » (pour « Après quelques minutes de vol, nous voilà à Montpellier » ou « Après quelques minutes de vol, nous arrivâmes à Montpellier »).

 

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