Un auteur qui aime sa région

Un auteur qui aime sa région

Auteur de romans policiers, Guy Raynaud situe ses intrigues dans les régions de son coeur : les Pyrénées Orientales et la Charente. Découvrez l’interview d’un écrivain passionné qui s’engage à 100 % dans la publication et la promotion de ses livres.

Portraits | Noémie Machner

COMMENT AVEZ-VOUS EU L’IDÉE D’ÉCRIRE DES ROMANS RÉGIONAUX ?

Mes deux premiers romans (« Meurtre à Rubeis Maceriis » et « Un cas d’école ») avaient pour cadre la Charente, ma région d’origine. Résidant maintenant à Saint Cyprien dans les Pyrénées-Orientales, écrire des romans policiers se situant dans cette magnifique région a été pour moi une évidence.

QUELS SONT LES POINTS SUR LESQUELS LES AUTEURS AUTO-ÉDITES DOIVENT PRÊTER LE PLUS D’ATTENTION ?

L’auto-édition consiste, pour un auteur, à prendre en charge l’édition de ses ouvrages. L’auteur décide donc : du format du livre, de la police de l’écriture, de la mise en page, de la couleur et le grammage du papier, de la conception de la première et la quatrième de couverture, des formalités administratives (le dépôt légal et l’attribution du numéro ISBN), de négocier avec un imprimeur, et enfin, vous aurez à organiser la publicité et la diffusion de votre livre auprès des libraires.
Tout cela représente un temps considérable et un professionnalisme que l’auteur n’a peut-être pas. Quelques auto-éditeurs proposent une partie de ces étapes. Pour conclure, un jeune auteur devrait d’abord apprendre à bien connaître le marché de l’édition avant de se lancer dans l’auto-édition. Je lui conseille aussi de se renseigner auprès d’autres auteurs, par exemple lors de journées de dédicaces, pour juger du sérieux des auto-éditeurs.

QUELLE EST LA RÉCEPTION DES LIBRAIRES LORSQUE VOUS VENEZ PRÉSENTER VOTRE LIVRE ?

Dans l’ensemble, l’accueil est excellent. Mais il faut aussi savoir vendre son livre et convaincre les libraires de « l’histoire ». Certains favorisent les jeunes auteurs régionaux, d’autres sont plus sceptiques. Il regardera le prix de votre livre et un prix élevé (au-dessus de 17€) sera, dans tous les cas, un frein à la vente.
Ensuite, viennent les questions « finances » et « invendus repris ».
Le plus souvent, le libraire vous demandera d’apporter vos livres. Ainsi, il n’aura pas à les commander et à avancer l’argent auprès de son grossiste.
Les exemplaires invendus seront-ils repris ? Si la réponse est non, proposez-lui alors de les reprendre à leur prix d’achat bien entendu ! Vous pourrez ainsi plus facilement le forcer à en commander un plus grand nombre, plus de 20 par exemple. Il m’est arrivé de ne pouvoir faire de signatures par manque de stock.

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Nouveau roman

Pour mon troisième roman policier, j’ai souhaité réunir plusieurs critères. D’abord, mettre en scène une enquête ayant pour cadre une activité sportive que je pratique depuis longtemps, la randonnée pédestre, et plus précisément ici le GR10. Ensuite, choisir la région où je vis depuis plusieurs années, le Roussillon, et bien sûr la mettre en valeur. Les investigations policières mèneront le lecteur à Angoulême, Bordeaux, et dans d’autres villes de l’ouest de la France. Rebondissements, mises en danger, situations cocasses et intrigue jusqu’à la dernière page sont les principaux critères de ce roman.

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QUELLE EST LA RÉACTION DU PUBLIC LORS DE VOS SIGNATURES ?

Il existe 2 sortes d’acheteurs potentiels :
- ceux qui sont heureux de rencontrer un écrivain. La conversation deviendra facile à engager et vous ferez votre vente.
- ceux qui n’osent pas, qui sont timides. Là, il faut aller les chercher ; d’où l’importance d’être bien positionné dans le magasin ou la grande surface.

Dans tous les cas, il faut éviter d’écrire une dédicace trop courte et banale. Faites-vous plutôt un recueil de quelques dédicaces (voir internet) et les apprendre par cœur. Suivant le profil de l’acheteur, que vous décèlerez en parlant deux minutes avec lui, adaptez une dédicace personnalisée ! Il appréciera.

EST-CE QUE VOUS AURIEZ DES CONSEILS À DONNER AUX AUTEURS AUTO-PUBLIÉS POUR UNE PRÉSENTATION EFFICACE DE VOTRE TITRE SUR UN POINT DE VENTE ?

D’abord, créez une couverture de livre qui accroche, des posters (format A3) placés devant votre table de travail, et distribuer des marque-pages (même aux enfants afin d’attirer les parents), questionner l’acheteur potentiel pour connaître ses préférences en matière de lecture. L’important est d’engager une conversation avec lui.

Pour la présentation de votre livre, n’hésitez pas à demander au correspondant de votre journal local un article sur votre roman en précisant le (ou les) jours de dédicace dans les points de vente.

Blod_Photo devant le librairie avec petits enfants
"En dédicace" Guy Raynaud en dédicace dans une maison de la presse, sous le regard fier des ses petit-enfants

Si votre livre est un roman policier, demandez à être situé proche du rayon des thrillers. Vous pourrez ainsi vous déplacer pour rencontrer les personnes qui feuillettent ce genre de livres sur les étagères ; vous serez donc certain de leur goût littéraire. Un tiers de mes ventes dans les grandes surfaces est effectué de la sorte. Par nature, le client potentiel est plutôt timide.

QUE TROUVERA LE LECTEUR DANS VOS ROMANS POLICIERS ?

D’abord, l’action se passe en France, en Charente ou en Roussillon. Pour mon troisième qui se situe dans cette dernière région, j’assimile cet achat à un souvenir de vacances, surtout dans une région où le touriste est le client principal et le roman policier le livre référence sur les plages.
Ensuite, j’ai pour principe de mêler deux ou trois délits (un principal + un ou deux autres secondaires) afin de donner du corps à la lecture. Bien sûr, ces affaires se rejoignent.
Pour renforcer la crédibilité de mes romans, je les situe dans le temps en précisant un évènement sportif, historique ou culturel que s’est déroulé à la même période ou dans le même lieu. Cela conforte le réalisme de l’histoire.
Dans un roman, même policier, il faut aussi faire preuve d’originalité. Par exemple, il m’est arrivé, dans mon premier, de faire parler un chien. Il apportait un regard amusant sur les travers de la race humaine.
Le nom de mes personnages est souvent lié à leur profession, souvent avec un brin d’humour ou d’ironie. Le suivi de l’histoire par le lecteur sera ainsi plus aisé. Une kiné s’appellera Arnica par exemple. Il y en a bien d’autres que le lecteur découvrira.
Le principe de base d’un bon roman policier est bien sûr respecté : plusieurs suspects crédibles jusqu’au dénouement final, sans oublier les sentiments et la valeur humaine.